dimanche 15.12.2019  

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Interview Neil Landstrumm 

Depuis sa première production sortie en 1994, l'écossais Neil Landstrumm, domicilié aujourd'hui aux Etats-Unis, s'est forgé une solide réputation d'artiste original au sein de la scène techno. En quelques années, le fondateur de Scandinavia a multiplié les sorties sur Tresor, Peacefrog ou Sonic Groove. Débordé comme jamais avec la venue prochaine d'un nouvel album sur Tresor, le new-yorkais a néanmoins pris le temps de répondre à nos questions (merci beaucoup Neil !!).

- Atome : On peut supposer que durant ton enfance à Edinburg, peu d'événements musicaux ou d'artistes ont pu t'orienter vers la scène underground. D'ou te viennent donc tes influences ?
- Neil Landstrumm : Décrire la ville comme l'épicentre de la musique underground serait aller trop vite en besogne à mon avis. Edinburg a toujours attiré toutes sortes de groupes d'artistes ou de musiciens. La ville s'est prononcée très tôt en faveur de la culture acid house et techno rave, grâce notamment à des clubs comme le Pure ou le Sativae qui ont fait venir des gens comme FUSE, LFO, Leo Anibaldi, DJ Hell ou Dave Clarke.
Mes influences premières viennent du dub, du reggae, du hip hop et de la techno bien sûr. J'ai toujours apprécié la musique assez dark, le heavy métal et les envolées de guitares. L'expérimental noisy anglais également. Je suis assez ouvert et j'espère continuer à découvrir de nouveaux styles.

- A : Etait-ce un pur hasard que de déménager jusqu'à Brooklyn, siège d'artistes légendaires tels que Joey Beltram, Frankie Bones ou encore Adam X ? De quelle manière New-York a-t-elle influencé ta musique et ta façon d'être ?
- N.L. : J'ai déménagé pour différentes raisons. La ville à elle seule est une source d'inspiration permanente. New-York offre une multitude d'opportunités et c'est ce qui me fascine. Je travaille également sur des supports de vidéo et d'animation et avoir ici la chaîne MTV, des compagnies de jeu vidéo ou de projets artistiques est un plus. New-York m'a fait découvrir le hip-hop, j'adore entendre dans la rue les beats s'échapper des voitures et des boom boxes. Il y a toujours quelque chose de nouveau ici. Ca a un impact considérable sur moi. C'est comme une éponge absorbant des tas d'idées. New-York m'a ouvert aux gens et aux difficultés culturelles mais à quel coût !!!

- A : Lorsque l'on aborde ta musique, il faut toujours s'attendre à quelque chose de surprenant et tu sembles à chaque fois vouloir te démarquer des autres en te créant un style si propre que ta musique peut parfois sembler expérimentale ? La considères-tu d'ailleurs comme expérimentale ?
- N.L. : Absolument. Je ne suis pas de ceux qui suivent les modes. J'ai toujours voulu sonner différent. Parfois ça marche mais pas toujours. Je fais avant tout de la musique pour moi, donc je suis assez heureux de tout ce qui m'arrive. Mes meilleures productions, sorties sur mon label Scandinavia, sont particulièrement sombres et abstraites. La techno stricte est assez ennuyeuse, peu imaginative et finalement trop éloignée aujourd'hui de l'esprit techno originel.

- A : De nos jours, il semble qu'il y ait de plus en plus de sorties techno chaque semaine. Ne penses-tu pas que la surproduction entraîne un déclin de la qualité musicale ? Je ne veux pas dire que les bonnes productions se font rares mais de plus en plus de m*** polluent la scène non ?
- N.L. : Oui, je ne peux qu'approuver ce que tu dis mais que veux-tu y faire... d'un autre côté, cela permet aux bons morceaux de sortir du lot.

- A : Quelle est ton opinion vis à vis de la scène electro actuelle ? Penses-tu qu'elle trouve aujourd'hui la reconnaissance qu'elle mérite ?
- N.L. : Je le crois mais l'electro est un genre limité par définition et qui ne remplit pas une salle entière. J'adorerai entendre de l'electro hip hop comme on en faisait à la fin des années 80, moins robotique, plus vocale. Je pense qu'elle jouit d'une certaine reconnaissance mais son public est relativement restreint.

- A : Ton nouvel album "She Took A Bullet Meant For Me" devrait sortir prochainement sur Tresor. Peut-on s'attendre à ce que Neil Landstrumm, et par là même la musique électronique, franchissent un nouveau palier ?
- N.L. : Oui, je pense. Les styles sont plus mélangés mais il y a encore de la bonne techno pour dancefloors. Plus de hip hop qu'avant et plus de breaks trashs. L'album montre où j'en suis musicalement aujourd'hui et où en est le label Scandinavia également. Il ne fera pas forcément franchir un cap supplémentaire à la musique électronique mais si c'est le cas, ce sera la cerise sur le gateau...
www.scandinavianyc.com     www.tresorberlin.de
Joso, 10/09/2001

Neil Landstrumm

Scandinavia

Neil Landstrumm

Tresor